Une nouvelle théologie pornographique
Sombreval | Samedi 19 Décembre 2009

Une nouvelle théologie pornographique
Lu quelques pages hier d’un bouquin, publié en 2008 au Cerf, d’un agrégé de philo, et professeur d’éthique à l’Institut Catholique de Lyon, qui nous expose une herméneutique de la «sexuation humaine» sous l’angle du personnalisme. La Personne pour le catholique gogo d’aujourd’hui, c’est l’homme de la Genèse créé à l’«image» de Dieu (infusée à la création et inaliénable) mais exempté de la nécessité d’atteindre à la «ressemblance» qui est l’actualisation de tout ce qui implique l’«image» et qui résulte de la réalisation graduelle, de l’effort : elle doit se conquérir (c’est la théosis). Considérée comme constitutive de la Personne, la sexualité devient dans la perspective de notre auteur, une réalité sacrée, insoupçonnée des naturalistes, des hédonistes et autres matérialistes. On a eu droit au jansénisme au siècle de Pascal. Aujourd’hui on nous impose la «sexualité chrétienne», une «théologie de la conjugalité» censée nous révéler tous les aspects de la Personne : don, communion, auto-révélation. N’importe quelle cruche catho qui lit ce genre d’ouvrage, va considérer son cul comme une sorte de sanctuaire où ne pourront accéder que les initiés aux réalités transcendantes. N’importe quel crétin qui tringle sa nana catho va confondre son expérience du coït avec une plongée au cœur du mystère trinitaire. On voit d’ailleurs que «l’herméneutique de la sexuation» et «des gestes amoureux» débouche bien souvent sur ce qu’on pourrait appeler une théologie pornographique qui a pour caractéristique principale d’être blasphématoire (ce que n’est pas explicitement et ouvertement la pornographie). A ce titre nous découvrons dans l’essai en question des extraits d’ouvrages qui auraient valu le bûcher à leurs auteurs à des époques moins déliquescentes. La transposition dans domaine de la sexualité de tout ce qui touche à la liturgie catholique me semble particulièrement ignoble. On est affligé à la lecture des extraits de l’essai d’un sexologue abruti, publié en 2006 aux Presses de la Renaissance et intitulé : Ne gâchez pas votre plaisir, il est sacré. Pour une liturgie de l’orgasme : «Dans l’effusion génitale, écrit-il, le couple vit la joie d’être tout en soi et tout à l’autre. Bien sûr cette communion ne dure qu’une fraction de temps. Puis une partie secrète de chacun se referme, comme se referme l’iconostase. Chacun revient sur terre et reprend sa route propre, comme lors de l’envoi final à la messe». Commentant ce passage, notre auteur ose cette affirmation ahurissante, en se fondant sur une lecture tronquée d’un verset du Cantique des Cantiques : «Le corps de l’amante est présenté comme le réceptacle de la semence masculine représenté par l’amas de froment ainsi que le lieu de l’ivresse du plaisir symbolisé par le vin parfumé. Dans l’amour conjugal, le don de la vie est symbolisé par les attributs mêmes de l’eucharistie, le pain et le vin. Enfin à l’instar de la communion eucharistique, le temps de la communion intime est un temps privilégié...etc…». Sur une page entière, est reproduite la citation d’un essai d’une chrétienne en chaleur qui face à son mec en rut se lance dans un monologue sirupeux, aux accents poétiques insupportables. Il y a lieu de penser qu’il s’agit d’un amant ou d’un mari imaginaire car aucun type normal n’aurait pu endurer le supplice d’un monologue aussi stupide, révélateur tout à la fois d’une névrose religieuse et d’une névrose sexuelle, qui se mêlent sans qu’on sache très bien laquelle conditionne l’autre :
« Ceci est mon corps »
Blasphème ou réalité ?
Toute recueillie, je crois pouvoir prononcer devant toi ces mots divins :
« Ceci est mon corps »
Je prends à deux mains ce corps, avec sa pesanteur matérielle, ses élans et ses résonnances (…) avec son insatiable soif d’éternité
« Ceci est mon corps »…que je te donne en nourriture
Reçois-le en toi, comme le don le plus achevé que je puisse te faire, de l’être que je suis, moi, ton épouse.
En échange, tu me donnes, et je te reçois : ton corps d’homme, fait de vigueur et de puissance, avec ses violences (sic) et ses fougues, ses tentations et sa fécondité (…) avec ton âme tranchante comme une épée, pure comme un lac. Et cette clarté de Dieu qu’elle reflète (bon d’accord, mais c’est quand que tu te fous à poil ?)
« Ceci est mon corps »
Quand nous communions l’un à l’autre, ce n’est pas un blasphème que de dire que nous communions au Christ dont chacun de nous est pétri. En toi et moi, péchés et misères, joies et peines du couple, deviennent une unique hostie à l’image du Christ.
Qu’en lui, et par Lui, avec Lui, soit enfin sanctifié l’amour d’un homme et d’une femme devenu Cantique d’actions de grâce, Messe à la gloire de Dieu ».

Faute de liturgie digne de Dieu dans nos paroisses, on se contentera donc de la messe au plumard (elle aussi reflet de la liturgie céleste si l’on suit les divagations de nos catholiques modernes). L’imagination débridée par de telles lectures, notre agrégé se lâche carrément lorsqu’il aborde l’«herméneutique des gestes amoureux». S’appuyant sur Lévinas et d’autres philosophes qui bénéficient du label Fnac, notre auteur commence par développer une «phénoménologie de la caresse» et du baiser. Puis l’on passe à une étude plus poussée, celle de la pénétration : « Le sexe masculin est tout entier ordonné à la pénétration et au don du sperme. L’homme est tourné vers l’extérieur de lui-même et donne avec son corps quelque chose de très intime, de très précieux, support de son identité génétique. Dans le coït, ce qui est donné de plus concret, c’est le sperme. Pour l’homme, donner son sperme, c’est se donner, c’est donner son intimité. Avec audace et réalisme, saint Jean Chrysostome parle du sperme comme de “l’or le plus pur”, “un parfum liquide”. C’est dire à quel point le coït est vécu comme un don très précieux. Le coït révèle aussi une dynamique centrifuge où il s’agit de lancer un projectile dans un lieu précis, un réceptacle adéquat. En projetant la semence à l’extérieur de soi, l’homme est l’origine d’une transformation au plus intime du corps de la femme (…) Enfin le plaisir sexuel masculin est localisé, bref tout entier centré sur le moment objectif de l’éjaculation qui en est comme la raison d’être...etc…»
Il est noter que le propos attribué à Jean Chrysostome est tiré du bouquin foireux de O. Florant, «La liturgie de l’orgasme». La source authentique reste donc à vérifier. Mêler les détails les plus intimes du sexe au donné théologique est assez caractéristique de la nouvelle manière de concevoir le Mystère chez les catholiques modernes. Lapinos sur son blog citait dernièrement un passage d’un écrivain dont les ouvrages bénéficient eux du label «La préférence-La Procure» : Fabrice Hadjadj. La seule réaction que suscite un tel texte, c’est le dégoût : « Au commencement, avant de créer le monde, Dieu pensait au sexe d'une femme. Est-ce le secret de son anatomie en coupe faciale : une sorte de croix avec un triangle sur la pointe au centre ? La chose est probable, mais ce qui est sûr, c'est que le Père, pensant d'abord à cet Adam dont son fils assumerait la nature jusqu'à la mort la plus douloureuse, ne pouvait pas ne pas songer en même temps à ce qui serait sa première résidence : l'utérus de la Vierge (...) »

Il est donc évident à la lecture de tels textes que le catholicisme français moderne est une abomination. Il a fallu tout saccager, tout détruire, et en particulier la liturgie, pour aboutir à un tel naufrage de l’intelligence chrétienne.

1. AKIM le 20/12/2009 22:22
JAI PLUS DE RESPECT POUR MONSIEUR ROCANCOUR?????QUE ¨POUR PAR EXEMPLE FABIUS?????OU TOUS SES GOGOS PLEURNICHARS DE SOCIALISTES GAGA///GOGOS///??ET QUANT ON VOIE LES DELITS DINITIES LES ENARQUES QUI POURISSE LE MONDE DE LA FINANCES MONDIALISTE??ET EN FRANCE SES ENARQUES DE CHIOTTE POURISSE ??LES BANQUES ET LES SYSTEMES BANQUAIRES??AVEC LA BENEDICTION DU GOUVERNEMENT??CE FORGEARDS DELIT DINITIES///PARACHUTES DORE//ET LES CELEBRES PRIMES??ET LES STOCKS OPTIONS??ET TOUT LE RESTE??QUE LES MEDIAS AUDIOVISUEL NE DISE JAMAIS//??VOILA LE MONDE DE DIEU DE CHIOTTE DANS LEQUEL ON VIE??ET YA MEME DES GENS QUI CROIE QUE DE VOTER CELA VAS CHANGER LEUR VIE ET CELA NE CHANGE QUE LA VIE DES POLITIQUES???QUANT A DIEU CET L"'HUMAIN QUI LA CREE/////DIEU NEST QUE LITTERATRURE??QUANT ON VOIE LES LOBBYES PHARMACEUTIQUES DE LA FINANCES MONDIALISTE?QUI?????SPECULE SUR LA VIE DES GENS +++POUR FAIRE DU FRIC DU POGNON++ON VOIE BIEN QUE DIEU CET DE LA CHIOTTE??COMME LE DIABLE????????COMME LA FINANCES MONDIALISTE//?++SURTOUT QUANT ON VOIE QUE SUR LA PLANETE ILS NE MAITRISE PAS LES NAISSANCES???LES GENS NE RELATIVISE PAS QUE NOUS SOMMES EN 2009////??+ET PLUS EN 1900??LES GENS SONT DEVENUES DES ZOMBIES INCAPABLE DE REVANDIQUER??QUE LES MEDIAS AUDIOVISUEL MANIPULE TOUS LES JOURS EXEMPLE LES VIRUS DE LA GRIPPE.H1N1///??ET DIEU DANS TOUT CELA DOIT APLAUDIR??ET AU VATICAN??CI LES GENS SAVAIENT CE QUI CI PASSE JE CROIS QUIL NE CROIERAIS PAS EN DIEU///.??+++A QUOIS PEUT SERVIR DIEU EN 2009///??A RIEN++COMME LES SOCIALISTES??LE GRAND PS DES NULS??OBSOLETE QUI NON PAS EVOLUER EN MEME TEMPS QUE LES TECHNOLOGIES???SURTOUT AVEC LEUR ESPRIT 1900???AU PS??CET LA GRANDE KERMESSE++DES NULS///???
2. Sombreval le 23/12/2009 12:35
Je comprends votre colère. La compromission des évêques, des derniers pratiquants, de «l’intelligentsia» catholique dans son ensemble est telle qu’il ne faut pas attendre de leur part le moindre acte de contestation. Aucune parole non plus de révolte ou d’indignation. Ils font partie du système comme chacun sait. Un système grotesque, dégradant, ordonné à l’avilissement des êtres et de l’intelligence. Dans leurs «écoles», on s’emploie d’ailleurs à former la future génération chargée de le perpétuer.
Mêler Dieu à cette faillite, c’est faire preuve d’un aveuglement tout aussi coupable. Dieu a été banni de nos sociétés depuis longtemps. Dans un contexte de déliquescence généralisée, Dieu ne semble servir à rien, comme vous dites, car il laisse à l’homme l’usage de la liberté. Il peut donc descendre plus bas, encore plus bas qu’aujourd’hui. Satan semble avoir vaincu. Mais c’est un leurre. Car en fait sa défaite est déjà consommée. Lisez l’apocalypse de saint Jean, chapitre 12. Le Diable se déchaîne avec le rage d’un vaincu dont les jours sont comptés. C’est ce que nous voyons aujourd’hui. Le monde plus que jamais semble «plongé dans le Malin» comme dit saint Jean (saint Jean, ch 5). Mais dit-il aussi, «tout ce qui est né de Dieu, surmonte le monde, et ce qui nous fait surmonter le monde c’est notre foi».
3. Colere divine le 23/12/2009 20:52
Tout ceci est conforme aux enseignements de J.P II dans ses homélies du mercredi !
Lire le livre "la sexualité selon Jean-Paul II de Yves Semen, Presses de la Renaissance.
4. ricobanga le 30/12/2009 14:52
Le catéchisme de l'Église a évolué à travers tous les conciles en fonction des objections du temps, c'est à dire en fonction de l'évolution de la pensée profane. On a le droit de penser que Vatican II a été trop précipité ou qu'il a été pris au dépourvu par la soudaineté de la révolution des mœurs alors qu'il avait été initialement rendu nécessaire par les objections de la science grâce à l'éclairage de Theilhard. On peut certes regretter le zèle de sexologue qui en font un peu trop pour promouvoir leur business, dans le mouvement général de vouloir tout concilier.

l'Eglise a toujours payé cher ses stagnations et il est probable que les églises seraient aussi vides qu'elles l'étaient au XVIIIe sans cette adaptation. Ou en serions nous alors ?

Le Christ est venu pour les pêcheurs et a toujours adapté son discours à son auditoire.
Ne soyez pas les pharisiens de notre temps.
5. théophile le 14/03/2010 14:40
L'anonyme sombreval n'a visiblement pas lu l'ouvrage dont il parle et à propos duquel il multiplie les contresens. Il se contente d'en extraire quelques citations hors contexte.
Pour vous faire un avis personnel, faites l'effort de lire, dans cet ouvrage très complet, l'étude philosophique approfondie, ainsi que la partie biblique, patristique et théologique (notamment sur le théologien allemand Urs von Balthasar ou le Pape Jean-Paul II qui développe une théologie remarquable du corps).
Vous comprendrez vite qu'il s'agit de tout autre chose.
Il est regrettable qu'on se permette des attaques d'une bassesse et d'une vulgarité aussi crasses, qui ne reflètent que les préoccupations de celui qui les profère. Une telle absence de pensée est consternante.

6. Hérisson le 26/03/2010 17:03
Je ne suis pas forcement opposé à votre point de vue en ce sens que la spiritualisation de l'Eros humain, si blessé et si numineux, frise souvent la caricature, si ce n'est dans le fond au moins dans l'expression, comme on le voit dans les ouvrages cités - on admirera la théologie du poil de Hadjadj ou la Messe copulatoire de Florant. Pourtant je suis étonné voire amusé que cela soit vous qui partiez en croisade contre ces livres... Après tout votre traduction théologique du fantasme de la "tradinette" a par certains aspects une petite parenté avec les écrits que vous dénoncez...
Je ne me sens pas spécialement pharisien quand je remarque que si la sexualité a une dimension spirituelle forte ceux qui en parlent avec abondance n'échappent pas au ridicule, de par la difficulté d'un sujet qui dépasse ce qui peut en être dit sans tomber dans l'obscène qui, comme l'étymologie le traduit fort bien, caractérise moins l'objet lui même que le fait qu'il n'est pas destiné à être étalé de manière complaisante mais plutôt réservé au secret de l'expérience... Il est difficile d'éviter le coté trivial, et manifestement Fabrice Hadjadj, que j'estime par ailleurs, est dépassé par son sujet, comme l'a été Freud avant lui du reste, tant la sexualité est un sujet numineux.
J'espère de tout cœur que vous trouverez votre tradinette, cela vous guérira d'un certain mécanisme de projection...
7. Lunix le 03/05/2010 10:56
http://www.lepost.fr/perso/lunix/://

Pour lutter contre les intégrismes il vaut mieux développer un esprit de recherche plutôt qu'une pensée dogmatique.

La recherche en psychanalyse peut constituer le fondement d' une théologie laïque

Le problème du christianisme est peut être l' église , comme le problème du socialisme c'est le parti ...

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